Compte-rendu 2019

L'ouverture AKILONE

Le quatuor AKILONE à Sainte-Marthe. Photo Claude Verrier
Le quatuor AKILONE à Sainte-Marthe. Photo Claude Verrier

Le concert d’ouverture du 26e festival Musiques en Ecrins s’est déroulé ce mardi 30 juillet à l’Eglise Sainte-Marthe à Puy-Saint-Vincent, trop petite pour l’évènement.

 

Les quatre musiciennes du quatuor Akilone, en grande forme, ont remporté un succès mérité. Haydn, Mozart et Schubert étaient au programme : la fougue, la finesse et la sensibilité de la formation ont fait merveille dans ce répertoire. Merci à Emeline, Elise, Tess et Lucie de s’être autant engagées dans l’exécution de cette musique : grâce à elles, le festival s’est ouvert de la plus magistrale des manières.

 

Le spectacle total de Thomas LELEU

Thomas LELEU et ses complices à l'Argentière ce 1er août. Photo Claude Verrier
Thomas LELEU et ses complices à l'Argentière ce 1er août. Photo Claude Verrier

 

Le deuxième concert du festival 2019 a vu le « groupe » de Thomas Leleu animer la salle du Foyer Culturel de l’Argentière ce 1er août pour un voyage à travers les genres de la musique sous forme d’un spectacle musical « The Tuba’s Trip ».

 

S’il paie de sa personne non seulement en jouant comme toujours de manière virtuose sur son instrument de prédilection, le tuba, mais aussi en chantant et en dansant (quelle imitation du pas glissé (le "Moonwalk") de Michaël Jackson !), Thomas Leleu a su aussi s’entourer de fins musiciens polyvalents : Laurent Elbaz et ses claviers (en particulier un mini-piano pour un gag hilarant), Jérôme Buigues et ses guitares, Emmanuel Solignac à la contrebasse et Philippe Jardin à la batterie. Mais la palme revient à Lamine Diagne qui quitte son saxophone pour jouer de la flûte traversière, puis de la kora et pour finir du doudouk (instrument d’origine arménienne). La participation du public est sollicitée (quel chœur pour entonner la Traviata !). Bref rire et émotion étaient au rendez-vous de ce spectacle très réussi et beaucoup dans le public déclaraient avoir passé une soirée formidable, malgré une sono peut-être un peu envahissante !

 

Un bain vocal rafraichissant

Les Voix Animées à Champcella le 4 août. Photo Claude Verrier
Les Voix Animées à Champcella le 4 août. Photo Claude Verrier

La belle église de Champcella était quasiment pleine en ce dimanche 4 août après-midi pour applaudir les Voix Animées dirigées par Luc Coadou. La musique vocale de la Renaissance et plus précisément du XVIe siècle était au programme. Luc Coadou dans ses présentations a rappelé qu’à l’époque de composition de ces musiques, la distinction entre musique religieuse et musique profane n’était pas de mise. Néanmoins le programme a bien comporté deux parties successives à parts égales : la partie sacrée avec entre autres William BYRD et Orlande de LASSUS, et la partie profane avec en particulier Thomas Tomkins, Claudio Monteverdi ou Clément Janequin.  De ce dernier, le le public a entendu le célèbre « Chant des oyseaulx » qui a fait son effet sur le public. En bis, les six chanteurs se sont concentrés autour du bénitier, au milieu des auditeurs, pour chanter le « Mille regretz » de Josquin des Prés. 

Musique de chambre grand format

Le Stimmung Trio à Vallouise le 6 août. Photo Claude Verrier
Le Stimmung Trio à Vallouise le 6 août. Photo Claude Verrier

Le quatrième concert du festival était consacré à la musique de chambre et plus particulièrement à la formation trio avec piano. Le Stimmung Trio composé des trois grands artistes que sont Emmanuelle Bertrand (violoncelle), Christophe Giovaninetti (violon) et Michaël Levinas (piano), qui est aussi compositeur, s’est attaqué à deux monuments du répertoire : Le trio à l’archiduc de Beethoven et le trio n°2 op 100 de Schubert. Ce furent deux grands moments de musique ! La pièce pour trio « Between Tydes » de Toru Takemitsu, aux accents « messiaenesques », c’est-à-dire pleine de « couleurs », a été une découverte pour la plupart, après une présentation enflammée de Michaël Levinas.

En bis, les musiciens ont donné le prologue du trio de Gabriel Fauré. Une grande soirée !

 

Un orchestre en verve

Nicolas Krauze dirigeant l'OCNE à Vallouise. Photo Claude Verrier
Nicolas Krauze dirigeant l'OCNE à Vallouise. Photo Claude Verrier

L’Eglise de Vallouise était archi-pleine pour accueillir l’Orchestre de Chambre de la Nouvelle Europe. Il faut dire que programme était alléchant : VIVALDI avec le concerto pour 4 violons, le 5e concerto pour violon de MOZART et la Sérénade pour cordes de TCHAÏKOVSKI. Le soliste invité, Dimitri Smirnov, a fait preuve d’une virtuosité exceptionnelle, confirmée dans son bis, un caprice de PAGANINI. La sérénade a été superbement mise en place sous la direction de Nicolas Krauze. Devant les applaudissements insistants du public, Nicolas Krauze a proposé deux bis entraînants : la danse du sable de KATCHATURIAN et une danse hongroise du BRAHMS, provoquant cette fois-ci une standing ovation !

La randonnée occitane

L'Escabòt à Saint Romain
L'Escabòt à Saint Romain

La traditionnelle randonnée musicale partait du fond de la vallée aux Vigneaux pour arriver à la chapelle Saint Romain à Puy Saint Vincent. L’accompagnement musical était assuré par Le chœur l’Escabòt, sollicité pour chanter les chansons occitanes, c’est-à-dire appartenant à la culture commune à l‘Espagne du Nord, la France du Sud et l’Italie du Nord. Les quelques 300 personnes qui ont suivi cet itinéraire très forestier jalonné de trois concerts ont été enchantées par ces 7 chanteurs et chanteuses dirigés par Fabrizio Simondi.

 

Le tango à l'honneur

Le Spiritango Quartet à l'Argentière. Photo Jean-Louis Izard
Le Spiritango Quartet à l'Argentière. Photo Jean-Louis Izard

 

L’Argentière accueillait les quatre musiciens du Spiritango quartet pour évoquer le tango à travers la musique « savante » de compositeurs français et sud-américains (« Transgressions »). Sans sono, les quatre instruments (violon, contrebasse, accordéon et piano) se sont bien fait entendre dans le grand volume de la salle, même la contrebasse, avec des timbres respectés. Quant aux œuvres interprétées, si elles comportaient de gros tubes populaires (Tico tico no fuba…), il y avait aussi des morceaux à découvrir comme l’Opale concerto de Richard Galliano, ou Para Descansar d’Alexandre Fontaines où l’accordéon imite le vent marin et la contrebasse le chant des mouettes. De Piazzolla, les deux pièces choisies n’étaient pas les plus connues (Romance del diablo et Camorra III), alors, en bis, le public ravi par ce concert a eu droit au célèbre Libertango. Un très grand succès !