ALBENIZ Iberia Livre III

El Albaicin - El Polo - Lavapiés

 

Iberia est une suite pour piano écrite par Isaac Albéniz entre 1905 et 1908. Il s’agit de son œuvre la plus connue, encensée de son temps par Claude Debussy, puis par Olivier Messiaen. Composée alors que le musicien était malade, il s’agit essentiellement d’une évocation musicale de l’Andalousie

 

Iberia. Le nom que les Grecs donnaient à ce pays dont ils ne connaissaient que quelques ports leur servant de comptoirs. Les Romains qui le conquirent l'appelaient Hispania. À la même époque, 1909, Debussy et Albéniz choisirent ce nom oublié pour représenter le caractère espagnol de leurs compositions.

 

Albéniz consacra les quatre dernières années de sa courte vie (il mourut à la veille de ses 49 ans) à composer douze pièces pour piano inspirées essentiellement par la musique, l'atmosphère et les paysages d'Andalousie. Douze "impressions nouvelles", en français, comme les indications de jeu, Albéniz les ayant composées en France où il vivait depuis une dizaine d'années, et qui portent des noms de lieux ou de danses.

 

Musicien de l'époque des nationalismes, il chercha l'émancipation de la tutelle de la musique italienne dans le retour aux racines populaires. Et comme Bartók, sans citer aucune mélodie populaire, il recréa un folklore imaginaire.

 

Pianiste virtuose, comparé à Liszt, et grand improvisateur, (comme on aimerait entendre ce qu'il joue à sa fille Laura, à la maison, le cigare planté dans la bouche), il écrivit une musique complexe, très construite, et terriblement difficile à jouer... Il est désolant de constater qu'à de rares exceptions près, Iberia n'est joué que par des pianistes espagnols (ou sud-américains, comme Arrau et Barenboim) ou français, en particulier les élèves de Messiaen, qui leur faisait étudier "le chef-d'œuvre de toute la littérature du piano" en classe d'analyse. Cette musique géniale n'est pas encore rentrée au répertoire des pianistes un siècle après sa composition.

 

Debussy écrivit cet hommage à son collègue: "(...) retenons le nom de Isaac Albéniz. D’abord, incomparable virtuose, il acquit ensuite une merveilleuse connaissance du métier de compositeur. Sans en rien ressembler à Liszt, il le rappelle par l’abondance généreuse des idées. Il sut, le premier, tirer parti, de la mélancolie ombreuse, de l’humour spécial de son pays d’origine. (Il était catalan). Peu d’œuvres en musique valent : El Albaicin, du troisième cahier d’Iberia, où l’on retrouve l’atmosphère de ces soirées d’Espagne qui sentent l’œillet et l’aguardiente… C’est comme les sons assourdis d’une guitare qui se plaint dans la nuit, avec de brusques réveils, de nerveux soubresauts. Sans reprendre exactement les thèmes populaires, c’est de quelqu’un qui en a bu, entendu, jusqu’à les faire passer dans sa musique sans qu’on puisse s’apercevoir de la ligne de démarcation. (…) Il y a bien d’autres choses encore, dans ces cahiers d’Iberia, où Albéniz a mis le meilleur de lui-même, et porté son souci d’ « écriture » jusqu’à l’exagération, par ce besoin généreux qui allait jusqu’à « jeter la musique par les fenêtres ». Les autres compositeurs, sans dépasser Albéniz, marchent dans le même chemin, seulement, les influences d’Albéniz étaient très nettement françaises, elles semblent devenir allemandes, au moins dans la forme, chez ces derniers."

 

Les pièces furent créées, au fur et à mesure de leur composition, par la pianiste française Blanche Selva (premier livre le 9 mai 1906 à la salle Pleyel, le second livre le 11 septembre 1907 à Saint-Jean-de-Luz, le troisième livre le 2 janvier 1908 chez la princesse de Polignac à Paris, le dernier livre le 9 février 1909 à la Société nationale de musique à Paris). Iberia comporte quatre livres de trois pièces :

 

Livre  I
Evocación
El Puerto
qui est le port de Sainte-Marie dans la province de Cadix
Corpus Christi en Sevilla décrivant une procession, rythmée par les tambours, puis s’éloignant progressivement.

Livre II
Rondeña, possiblement une évocation de Ronda, dans la province de Malaga, ou encore une danse inspirée du flamenco
Almería
Triana reprenant une danse inspirée du flamenco sévillan.

Livre III
El Albaicin : il s’agit d’un quartier ancien de Grenade
El Polo, quartier populaire de Madrid, mais aussi le nom d’une danse d’Andalousie.
Lavapiés, autre quartier populaire de Madrid, la seule pièce dont le titre ne s'inspire pas de l’Andalousie, mais reprenant tout de même une rythmique de tango andalousien.

Livre IV
Il s’agit du livre techniquement le plus difficile à jouer.
Málaga
Jerez
Eritaña

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