MOZART : Concerto violon n°5

Voilà le plus célèbre des concertos pour violon de Mozart, le plus parfait, le plus classique aussi : raffinement de l’orchestration, pureté de l’invention, perfection de l’écriture, grâce profonde. C’est sans doute l’œuvre la plus achevée que Mozart ait écrite jusqu’alors, son chef d’œuvre à cette date (1775).

 

Dans ces concertos, l’abondance d’idées peu développées, les finales en rondo coupés d’intermèdes, le brio, la grâce, le plaisir trahissent l’influence du style galant français alors à la mode. Mais les « facilités » qui seraient chez d’autres des faiblesses, Mozart les transforme en grâce infinie. Il ne s’y corrompt pas, il surpasse tous les autres par ce qu’il a d’inimitable : le naturel des idées et de leur mise en œuvre, la poésie, l’émotion. Sa musique échappe déjà à toute défaillance du goût et de l’esprit. A dix-neuf ans, son talent atteint la pleine maturité.

 

Trois mouvements ponctuent l’œuvre :

 

Allegro Aperto. Après la longue  introduction d’orchestre (deux sujets, l’un masculin, l’autre féminin), l’entrée du violon commence par sept mesures adagio très expressives. Dans tout ce mouvement, la partie de violon est splendide, noble, lyrique, variée.

 

Adagio (mi majeur). Sublime et douce cantilène, immense phrase méditative, d’une beauté parfaite.

 

Rondeau, tempo di minuetto. Allegro (la mineur). Long finale en forme de menuet comportant un vaste trio. L’impression est à la fois de diversité extrême et d’unité. C’est une splendide réussite. Dans le trio, Mozart utilise un procédé inhabituel : les basses frappent les cordes avec le dos de l’archet (col legno). Cet intermède s’apparente aux « turqueries » plus ou moins humoristiques où excellait Mozart.

 

Roland de Candé, Chefs-d’œuvre de la musique (Seuil).

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