BEETHOVEN Sonate op 111

 

  • Maestoso – Allegro con brio ed appassionato
  • Arietta – Adagio molto, semplice e cantabile

 

Le premier mouvement suit le plan de la forme sonate. Il est composé d'une introduction Maestoso (majestueux, assez lent et solennel), et d'un Allegro con brio ed appassionato (mouvement assez vif et allègre, avec brio et panache, d'un caractère passionné). L'allegro comporte de nombreuses indications agogiques et des nuances extrêmes. La tonalité principale est do mineur, mais les modulations sont continuelles, certains changements de tons étant directement écrits sur la partition (la♭ majeur, mes. 43, et sol mineur, mes. 71).

 

Le second mouvement de la sonate opus 111 est une arietta, dans la tonalité d'ut majeur, suivie de six variations. Beethoven précise comme indication de tempo et d'expression Adagio molto, semplice e cantabile (très lent, avec simplicité et bien chanté). La mesure principale est un 9/16 assez peu courant (mesure à trois temps ternaires, ayant une croche pointée ou trois doubles croches par temps).

 

L'ultime sonate de Beethoven a suscité une glose musico-mystique surabondante, la palme revenant à Wagner qui voyait dans l'Arietta la vision d'un monde devenu végétarien. Il restera encore plus de quatre années de vie créatrice à Beethoven, et on ne trouve nulle trace de projet de sonate ; peut-on cependant affirmer que cette œuvre constitue consciemment un adieu à la sonate, selon la formule de Thomas Mann ? Le choix du couple tonal ut mineur/ut majeur, tellement emblématique de Beethoven, et surtout l'impression que rien ne pourrait succéder à l'Arietta, sinon la page blanche qui clôt le volume des partitions intégrales des sonates, pourrait le laisser penser. Quoi qu'il en soit, son statut symbolique de frontière est souligné par l'habitude prise de la désigner, comme pour l'Hammerklavier mais avec un degré encore plus fort, par son numéro d'opus, que le hasard a de plus marqué d'un "triple 1".