CHOPIN Sonate violoncelle-piano op 65

  • Allegro moderato
  • Scherzo : Allegro con brio
  • Largo
  • Finale : allegro

 

Chopin a peu écrit pour les formations de chambre. Après quelques œuvres de jeunesse comme les Variations sur un thème de Cendrillon de Rossini pour flûte et piano, le Trio en sol mineur op.8, l'lntroduction et Polonaise op.3 pour violoncelle et piano, puis enfin le Grand Duo concertant sur des thèmes de Robert le Diable de Meyerbeer, il ne retrouve le duo piano - violoncelle qu'à la fin de sa vie durant l'année 1845.

 

Cette sonate est dédiée au violoncelliste Auguste Joseph Franchomme, qu'il avait rencontré en 1832 dans un dîner offert par Franz Liszt, et avec lequel il se lia d'une véritable amitié. Sa composition fut difficile, à en croire sa correspondance : « je suis tantôt satisfait, tantôt mécontent de ma sonate de violoncelle, je la flanque en l'air puis la reprends. Pendant la composition, on croit que c'est bon sinon on ne composerait jamais. Ce n'est qu’après, à la réflexion, qu'on sait décider ce qui est à jeter ou à conserver. Le temps est pourtant le meilleur des critiques et la patience le plus sûr des maitres. » Les ratures des nombreuses esquisses conservées en témoignent.

 

Chopin adopte le plan en quatre parties. L’Allegro Moderato s'ouvre sur un passage confié au piano qui rappelle les introductions orchestrales de ses deux concertos. Le violoncelle fait son entrée sur une cellule qui sert de lien entre les quatre mouvements. Il amplifie le thème, le pare d'une étrange modulation en ré bémol qui reviendra par la suite. De puissants accords du piano amènent un second motif, magnifique cantilène simplement chantée par le violoncelle, reprise en ut mineur par le piano sur de superbes harmonies. Ce mouvement est une page aussi longue que les trois autres mouvements réunis.

 

Le Scherzo est un mouvement de forme plus classique qui s'ouvre sur un thème héroïque sur lequel se greffe une Mazurka. Le Trio, avec sa cantilène confiée au violoncelle, adoucit le mouvement.

 

Dans le Largo, les instruments échangent leurs rôles toutes les deux mesures, le piano conservant les harmonies par des arpèges réguliers. Le Finale, énergique. oppose trois thèmes très différenciés.

 

Comment ne pas penser en écoutant cette sonate à ce qu'a été le dernier concert public de Chopin, concert au cours duquel, affaibli par la maladie, il avait interprété avec Franchomme, les trois derniers mouvements de la Sonate, délaissant le premier trop épuisant.