DVORAK  Concerto violoncelle

Le concerto comprend trois mouvements et son exécution dure environ quarante minutes :

Allegro
Adagio ma non troppo
Finale. Allegro moderato

 

En 1892, le Conservatoire de New York offre à Dvorak le poste de directeur. Le compositeur part donc s’installer aux Etats-Unis. Il y écrit sa Neuvième Symphonie « Nouveau Monde » et le Quatuor à cordes n°14 « Américain ». Lorsque Dvorak commence à jeter les notes du Concerto pour violoncelle sur le papier, il est parti de son pays natal depuis trois ans. Malgré des allers-retours sur le territoire tchèque pour de brèves vacances, sa patrie lui manque. Le lyrisme mélancolique de l’œuvre, aux accents slaves, en témoigne. Il rentre définitivement en Europe au début de l’année 1895, la partition dans ses bagages.

 

Le Concerto pour violoncelle en si mineur n’est pas le premier essai de Dvorak en la matière. En 1865, il compose un premier concerto en la majeur, pour son ami et collègue du Théâtre provisoire Ludwik Peer. Mais voilà que le violoncelliste part peu après à l’étranger… avec les feuillets autographes ! Dvorak n’a plus jamais revu sa partition, et n’a donc pas pu l’orchestrer, ni la réviser comme il l’a fait avec quelques œuvres de jeunesse. L’œuvre n’a refait surface qu’en 1920, bien après la mort du compositeur.

 

Le Concerto en si mineur est quant à lui créé à Londres le 19 mars 1896, sous la direction de Dvorak . A l’origine, le soliste devait être son ami et dédicataire Hanus Wihan. Mais lorsque celui-ci veut imposer la cadence qu’il a écrite lui-même, le compositeur se fâche. C’est donc un autre violoncelliste, Leo Stern, qui se voit confier la création de l’œuvre. Sans rancune, Hanus Wihan inscrit néanmoins par la suite le concerto à son répertoire et en devient même un fervent interprète.

 

Dvorak se montrait très content de cette œuvre, écrite en à peine trois mois, comme en témoigne une lettre à son ami compositeur Joseph Foerster au début de l’année 1895. La longue introduction orchestrale montre d’emblée l’importance des vents. Le timbre doux de la clarinette dans le medium grave tempère le caractère quasi militaire du premier thème, tandis que le cor offre un son boisé à la cantilène du second motif, à la manière de Brahms. Ami de Dvorak, le maître de Hambourg l’avait aidé au début de sa carrière en le recommandant à son éditeur.

 

Nombre de commentateurs s’accordent d’ailleurs sur la ressemblance entre le thème initial du premier mouvement et celui qui ouvre le deuxième mouvement de la Quatrième Symphonie de Brahms. Hommage conscient ou réminiscence ? Le solo mélancolique de flûte, qu’accompagnent les bariolages du violoncelle au milieu du premier mouvement, n’est pas sans rappeler le retour du thème chez un autre de ses contemporains : le Concerto pour violon de Tchaïkovski (1878). Le trio entre hautbois, clarinette et basson apporte une couleur pastorale au début du deuxième mouvement, tandis que les cors donnent une part de mystère au motif de marche qui ouvre le Final, immédiatement repris par les clarinettes puis les violons. Cette instrumentation soignée contraste au premier abord avec les tuttis fortissimo, presque massifs, qui jalonnent les mouvements extrêmes. A la force qui se dégagent de ceux-ci, répond la grande virtuosité du violoncelle. Dvorak manie avec maestria l’équilibre entre masse orchestrale et soliste. D’autant plus que ces passages martiaux alternent avec d’autres d’essence plus mélodique, et souvent mélancoliques. Ce concerto, tout en contraste, prend aux tripes aussi bien ses interprètes que son public. Monument du répertoire, alliant sensibilité et virtuosité, il constitue toujours aujourd’hui un passage obligé pour tout violoncelliste.

 

(Source: Radio Classique)

 

https://www.radioclassique.fr/magazine/articles/le-concerto-de-dvorak-leverest-du-violoncelle/

La premier mouvement Allegro du concerto...