L.V. BEETHOVEN (1770-1827) : Sonate n°17 en ré mineur op.31 n°2  "La Tempête"

 

 Largo Allegro –

Adagio –

Allegretto

 

Les trois sonates de l’op.31 furent composées en 1802. Elles témoignent d’une plus grande liberté d’expression que les précédentes. Lorsqu’un élève lui demanda ce qu’il voulait exprimer avec la Sonate op.31 en ré mineur, Beethoven répondit : « Lis La Tempête de Shakespeare ». Ce surnom n’est pas de Beethoven, qui, désemparé devant sa surdité qui commençait à poindre, y exprime plus une tempête intérieure qu’une musique à programme.

 

Les premières mesures du Largo Allegro en sont un exemple : le doux arpège ascendant semble poser une question dont la réponse immédiate est d’une grande agitation. La question est à nouveau posée et la réponse est identique. Plus tard, deux nouvelles accalmies apparaissent dans l’agitation globale du mouvement. La seconde d’entre elles se développe en un des plus remarquables passages de cette œuvre : un récitatif très calme et intensément tragique que Beethoven disait vouloir faire sonner comme une voix descendant d’une voûte. Des passages tels que celui-ci et de rapides changements de caractère se trouvent dans tout le premier mouvement, ce qui constitue une réelle nouveauté. Ils produisent une intensité d’expression contribuant largement à ce sentiment d’implication personnelle qui donne sa spécificité à la musique de Beethoven de cette deuxième période.

 

Le second mouvement, Adagio, est tranquille, mais l’on peut entendre, à la fois par de soudaines notes accentuées et par le ton menaçant de la basse rythmique, que l’agitation qui régnait dans le premier mouvement a été maîtrisée mais pas entièrement supprimée.

 

Le dernier mouvement, Allegretto, agité comme le premier, est un final pratiquement unique dans l’ensemble des derniers mouvements de Beethoven ; cela pour deux raisons : il s’agit d’un mouvement perpétuel de doubles croches, et le seul, de toutes ses sonates, qui plonge dans un pessimisme absolu. L’auteur semble accepter les troubles fondamentaux qui l’assaillent et il ne fait aucun effort pour les vaincre ; il conclut par des descentes chromatiques forte, puis dans l’étouffement du registre grave du clavier. Ainsi s’achève, en douceur, ce final quasi improvisé, dans lequel Beethoven semble s’être ingénié à exprimer des sensations fugaces.

 

Société de Musique de chambre de Marseille

 

La sonate "la tempête" par Guillaume Bellom :