Albéric MAGNARD (1865-1914)  : Quatuor à cordes op. 16

Sonate. Animé

Sérénade. Vif

Chant funèbre. Largement, sans lenteur

Danses. Vif

 

Composé en 1902-1903, ce quatuor à cordes est l’exact contemporain de celui de Ravel. Lors de sa première audition à la Société nationale de musique, le 19 mars 1904, les critiques soulignent la difficulté à suivre cette partition touffue. L’interprétation perfectible du Quatuor Zimmer n’est pas seule en cause. Dans "Le Temps", Pierre Lalo publie toutefois un compte rendu enthousiaste, préférant l’œuvre de Magnard à celle de Ravel, créée deux semaines auparavant : « Le premier morceau et l’Andante, qui sont manifestement les parties essentielles de l’œuvre, défendent âprement leur secret à qui le prétend pénétrer du premier coup. L’exposition en apparaît émouvante et belle, dans l’Andante en particulier ; puis le sens du développement se dérobe. Çà et là des passages s’éclairent soudain et de nouveau on perd de vue la suite et l’évolution de l’œuvre. Mais on a la sensation nette que ces moments où l’on ne voit rien ne sont pas vides ; tout au contraire on les devine pleins de formes et d’idées que l’on voudrait saisir ; sous l’abstraction de la pensée, on ne cesse de percevoir la vie intense du sentiment. »

 

À la transparence ravélienne, Magnard oppose en effet un langage âpre et un contrepoint dense, même dans la Sérénade, plus légère et lumineuse que les autres mouvements. L’un des épisodes du finale associe un rythme de la valse à l’écriture fuguée ! Monumentale, abandonnant la forme cyclique à laquelle souscrit encore Ravel, l’œuvre revendique le modèle beethovénien et s’avère sans équivalent dans l’histoire du quatuor à cordes français.

 

[ source : Bru Zane Mediabase ]

 

Origine : Quatuor - Albéric Magnard (albericmagnard.fr)

 

Dans la Correspondance (lettre à Guy Ropartz, du 19 août 1903) :

 

« Je termine mon quatuor avec le regret de ma témérité. Je n’ai pas encore la technique nécessaire pour réussir une œuvre de ce genre. Je continue d’ailleurs à trouver ce que j’écris exécrable, et si je ne m’arrête pas de salir du papier, c’est que je garde toujours le naïf espoir d’arriver enfin à signer une œuvre impeccable. »