Les 25 ans de Musiques en Ecrins !

Le Festival 2018, c'est fini ! !

Une ouverture très jazzy!

Le Shoeshiners Band à l'Argentière le 24 juillet. Photo Claude Verrier
Le Shoeshiners Band à l'Argentière le 24 juillet. Photo Claude Verrier

 

Le Shoeshiners Band a brillamment ouvert le Festival 2018 ce mardi au Foyer Culturel de l'Argentière-la-Bessée. Le Jazz des années 30 que l'orchestre fait revivre avec talent et enthousiasme a offert au public une de ces soirées dont il se souviendra longtemps! Bravo à ces 6 musiciens, Alice Martinez, excellente chanteuse et animatrice, en tête!

Et à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne !

Les Timbres & Harmonia Lenis aux Vigneaux ce jeudi 26 juillet. Photo Claude Verrier
Les Timbres & Harmonia Lenis aux Vigneaux ce jeudi 26 juillet. Photo Claude Verrier

Le dernier carré des nations de la musique baroque composé de l'Allemagne, l'Angleterre, la France et l'Italie a donné lieu à une finale du "tournoi des Ecrins" qui a désigné l'Allemagne vainqueur ! Comme l'a exprimé Julien Wolfs, ce tournoi était moins une compétition entre les compositeurs baroques qu'un prétexte à soutenir l'attention des nombreux spectateurs. Objectif atteint, c'est dans un silence religieux que les pièces au programme ont été exécutées dans cet écrin rénové qu'est l'église Saint-Laurent des Vigneaux. Les musiciens des Timbres et Harmonia Lenis ont été à la hauteur de leur réputation: virtuosité, douceur, précision, enthousiasme communicatif ont été au rendez-vous. En super-bis les quatre musiciens nous ont proposé une œuvre d'un compositeur écrite autour de happy birthday to you, pour fêter dans la joie les 25 ans de Musiques en Ecrins... 

Transport sur l'île paradis

Vincent Bouchot et Raphaële Kennedy dans l'îIe paradis qu'on ne doit pas dire. Photo Claude Verrier
Vincent Bouchot et Raphaële Kennedy dans l'îIe paradis qu'on ne doit pas dire. Photo Claude Verrier

Musiques en Ecrins proposait cette année une création en "Musique et littérature" avec l'aide de Lecture Et Rencontre En Vallouise. C'est un spectacle prenant, visuel et auditif, mi-opéra, mi-théatre et lecture, où il est question des labyrinthes d'où le personnage principal tente de s'échapper avec l'aide d'Henri Bauchau, l'auteur de l'"Enfant bleu". C'est un spectacle inhabituel parfaitement bien réglé sur les ambiance sonores et la musique originale de Pierre Adrien Charpy et les images d'Isabelle Françaix, où Vincent Bouchot et Raphaële Kennedy excellent en prêtant leur voix et leur chant aux personnages, que le public de la salle Bonvoisin a fortement apprécié.

Le quatuor Debussy au top!

Le quatuor Debussy à Vallouise mardi  juillet. Photo Claude Verrier
Le quatuor Debussy à Vallouise mardi juillet. Photo Claude Verrier

Le Quatuor Debussy qui joue Debussy, c'est logique! Et quel plaisir pour les oreilles des spectateurs ! Ce plaisir a commencé avec les transcriptions de quatre préludes pour piano de Debussy dont la formation a le secret : la fille aux cheveux de lin, ou Minstrels ont été une très agréable surprise. Avec le quatuor en sol mineur, chef-d'oeuvre de jeunesse du compositeur, ce plaisir  atteint des sommets!  Après la pause, autre sommet visé, le quatuor La jeune fille et la mort de Schubert. Objectif atteint, à entendre le silence de la nombreuse affluence! En bis, un cinquième prélude, Bruyères, et le 2e mouvement du quatuor de Ravel, joué debout sans partition, ont achevé de manière brillante cette superbe soirée.

Au service du Cantor !

Anthéa Pichanick dans une cantate de Bach ce jeudi 2 août. Photo J-L Izard
Anthéa Pichanick dans une cantate de Bach ce jeudi 2 août. Photo J-L Izard

Les Musiciens du Louvre nous ont offert une magnifique soirée consacrée aux cantates du Cantor de Leipzig, rarement jouées, et qui ont donc constitué une formidable surprise pour le nombreux public de l'église de Vallouise. La voix, la technique et la diction de la contralto Anthéa Pichanick y ont été lumineuses. Lumineux aussi le concerto pour violon en la mineur que Thibault Noally enlève avec brio, accompagné par un orchestre très dynamique. Autres découvertes, une cantate de Johann Christoph Bach, un cousin de Johann Sebastian et deux œuvres instrumentales de Johann Bernhard Bach (encore un cousin…) et une Sinfonia de Johann Adolph Hasse. Le public s'est retiré enchanté par cette formation de 11 musiciens jouant debout accueillis pour la première fois sur les praticables de Musiques en Ecrins pour une meilleure visibilité des rangs du fond de l'église.

Le Patrimoine de La Roche-de-Rame

Le Duo Piacevolle à La Roche-de-Rame vendredi 3 août. Photo Claude Verrier
Le Duo Piacevolle à La Roche-de-Rame vendredi 3 août. Photo Claude Verrier

"Musiques et Patrimoine" était à l'église Saint Laurent de La Roche-de-Rame, belle église à nef unique entièrement couverte de croisées d'ogives et décorée de peintures murales du XVe siècle. La conférencière Isabelle Rive a donné les clés de compréhension de ces images peintes avec la pédagogie dont elle sait faire preuve en captivant son public. Auparavant, les nombreux spectateurs qui remplissaient l'église ont fort apprécié le duo PiacevolleBéatrice Guillermin à la harpe et Jean-François Simoine à la flûte, dans un programme J.S. Bach, Debussy (avec la Suite Bergamasque qui comprend le fameux "Clair de lune") et Béla Bartok (Danses populaires roumaines). Les sonorités de ces deux instruments ont fait merveille dans l'acoustique impeccable de la nef. Tous ces artistes ont reçu les vifs applaudissements qu'ils méritaient. 

Une rando très réussie

Le Quatuor Cubatao à la cabane des Grands Plans ce lundi 6 août. Photo J-L Izard
Le Quatuor Cubatao à la cabane des Grands Plans ce lundi 6 août. Photo J-L Izard

Combien étaient-ils ? 300, 350 ou plus encore? Toujours est-il que le vallon de Narreyroux a perdu son calme ce lundi 6 août, avec une impressionnante procession, trois concerts de l'excellent Quatuor Cubatao, un apéritif géant, un grand beau temps et pas trop de chaleur… Tout était parfait, vraiment !

Messiaen apprécié de ce côté-là des Ecrins aussi!

L'Ensemble Des Equilibres à Sainte-Marthe ce mardi 7 août. Photo Claudes Verrier
L'Ensemble Des Equilibres à Sainte-Marthe ce mardi 7 août. Photo Claudes Verrier

Après un très agréable hors d'oeuvre écrit par Beethoven (trio pour piano, violoncelle et clarinette) et après une présentation pleine de conviction de Bernard Mazas, l'interprétation par l'Ensemble Des Equilibres du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen a pu débuter dans les meilleures conditions. Pour une partie du public, c'était une découverte et pour une autre, un évènement attendu. Tout le monde s'est retrouvé à la fin dans les applaudissements dès qu'Agnès Pyka a relâché l'archet de son violon longtemps tenu après la dernière note suraigüe de son instrument, laissant ainsi le temps en suspension… Les autres interprètes sont aussi à citer: Armance Quero et les magnifiques vibratos de son violoncelle, Alain Geng et la précision de ses attaques à la clarinette et Laurent Wagschal avec la subtilité de son piano, notamment dans l'accompagnement des deux Louanges. En bis, les quatre musiciens ont repris "La Liturgie de cristal", toute en chants d'oiseaux, qui ouvre l'œuvre, refermant ainsi la boucle du temps ! Un enchantement !

Debussymania endiablé

Hugues Leclère et Jean-François Zygel dans leur improvisation finale. Photo Claude Verrier
Hugues Leclère et Jean-François Zygel dans leur improvisation finale. Photo Claude Verrier

Ce Debussymania était le point culminant de l'hommage que Musiques en Ecrins consacrait à Claude Debussy en cette année de 100e anniversaire de sa mort. Hugues Leclère et Jean-François Zygel étaient attendus par les nombreux spectateurs de l'église de Vallouise et les deux compères du piano ne les ont pas déçus, ils les ont même surpris : après l'alternance Interprétation-Improvisation sur les deux Arabesques, la Puerta del vino,  les Fées sont d'exquises danseuses, Général Lavine eccentric ou la Toccata, et l'exécution à deux pianos de la Petite Suite, ils se sont lancés dans des improvisations à deux sur les deux pianos, puis sur un seul (à quatre mains) qui ont laissé le public pantois. Comment font-ils pour jouer si bien ensemble alors que c'est de la musique improvisée? Il y a  forcément un truc ? Et bien, non ! La preuve : l'impro d'une maîtrise totale faite à partir de notes proposées par le public lui-même ! In fine, pour marquer les 25 ans de Musiques en Ecrins, le public a eu droit à une improvisation sur les diverses expressions musicales de Bon anniversaire et happy birthday to you,  encore une fois d'une réussite totale avec de-ci de-là des citations de thèmes célèbres du répertoire  ! Quelle fabuleuse soirée ! Chapeau Messieurs !

"Tantz!", la dynamite!

Le Sirba Octet à l'Argentière dimanche 12. Photo Claude Verrier
Le Sirba Octet à l'Argentière dimanche 12. Photo Claude Verrier

Record d'affluence du Foyer Culturel de l'Argentière : la musique d'Europe Centrale tzigane et klezmer attire les foules surtout quand elle est servie par le Sirba Octet ! Cette formation constituée de musiciens "classiques" (tous membres de l'Orchestre de Paris…) transforme ces musiques de danse (d'où le titre du concert, "Tantz!") de Roumanie, Moldavie, Hongrie ou de Russie en feux d'artifice et provoque irrésistiblement le besoin de bouger. A défaut de danser, faute d'espace libre, taper dans les mains quand le rythme se fait insistant constituait pour le public un ersatz de danse. Tous ces musiciens sont excellents,  mais mention spéciale à l'applaudimètre à Bernard Cazauran, le contrebassiste et Richard Schmoucler le violoniste fondateur de la formation, également excellent conteur d'histoires juives. Encore une soirée inoubliable !

Vents de folie...

Le Concert Impromptu à l'église Sainte-Marthe de Puy-Saint-Vincent de mardi 14 août. Photo Claude Verrier
Le Concert Impromptu à l'église Sainte-Marthe de Puy-Saint-Vincent de mardi 14 août. Photo Claude Verrier

L'Eglise Sainte-Marthe de Puy-Saint-Vincent était archi-pleine pour écouter trois siècles de musique française par le quintette à vents "Le Concert impromptu". Jean-Philippe Rameau et ses Indes Galantes introduisaient le Debussy de "Nuages et Fêtes", une des pièces qui a le plus contribué à qualifier Debussy de "compositeur  impressionniste". Ce fut ensuite le voisin Hector Berlioz, natif de la Côte-Saint-André (dans le 38) qui fut à l'honneur avec un extrait de son opéra (le terme de Symphonie dramatique est plus adapté) Roméo et Juliette : le Scherzo de la reine Mab, tout en virtuosités aériennes. Puis, après un intermède sur Syrinx de Debussy pour la flûte solo de Yves Charpentier et dansé par la hautboïste Violaine Dufes, retour à Debussy avec une œuvre de jeunesse, la Petite Suite, pour finir avec un chef-d'œuvre de Maurice Ravel écrit à l'origine pour piano puis transcrit à l'orchestre : le Tombeau de Couperin. Face aux applaudissements très nourris du public, deux bis : un extrait d'un opéra de Vivaldi et un mouvement du 3e quatuor de Borodine transcrit pour quintette à vents. Une soirée très riche en découvertes !

Une clôture festive !

Deborah Nemtanu et la Symphonie de Poche à Vallouise jeudi 16 août. Photo Claude Verrier
Deborah Nemtanu et la Symphonie de Poche à Vallouise jeudi 16 août. Photo Claude Verrier

Le concert de clôture de Musiques en Ecrins 2018 était confié à la Symphonie de Poche, c'est à dire ce qui se fait de mieux en matière d'orchestre en modèle réduit (12 musiciens) tout en conservant la dynamique d'un grand orchestre, pour un programme intitulé "Encore une danse?". Deborah Nemtanu était l'invitée violoniste soliste dont l'immense talent a triomphé dans la Symphonie Espagnole de Lalo (2 mouvements) et dans l'extraordinaire Tzigane de Maurice Ravel qui s'achève sur un tempo infernal. L'orchestre, lui, a brillé dans les couleurs impressionnistes du Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy, qui succédait aux rythmes d'Espana de Chabrier, puis la Danse macabre de Saint Saëns et enfin quatre extraits bien enlevés de Carmen de Bizet, le tout présenté par le chef Nicolas Simon très clair dans ses commentaires. Devant son insistance enthousiaste, le public a eu droit à un bis: le finale de la Symphonie en ut de Bizet, dans une version arrangée pour violon et orchestre, ce qui a donné l'occasion de profiter une dernière fois de la présence miraculeuse de Deborah Nemtanu. Le Festival 2018 s'achève donc sur un triomphe, à l'image des tous les concerts précédents. Merci à tous et à l'année prochaine !