Claude DEBUSSY
Suite Bergamasque
(Duo HAÏKAÏ, Mardi 11 août, L'Argentière -la-Bessée, Foyer Culturel, 18h)
Suite bergamasque
La Suite bergamasque est une suite pour piano du compositeur français Claude Debussy, dont la première rédaction remonte à 1890 environ, et qui est publiée en juin 1905.
Comptant parmi les plus célèbres compositions de Debussy, la Suite bergamasque est souvent considérée comme la meilleure œuvre pianistique de sa jeunesse. Elle compte quatre mouvements dont le plus célèbre est le troisième :
Prélude
Menuet
Clair de Lune
Passepied.
L'adjectif bergamasque (de la ville italienne de Bergame) est un écho au poème de Paul Verlaine, Clair de lune, tiré des Fêtes galantes (1892), lequel dans sa première strophe évoque les « masques et bergamasques », expression que reprendra aussi le compositeur Gabriel Fauré pour une suite d'orchestre datée de 1919. Claude Debussy avait initialement songé à une suite à la forme ouverte, contenant un prélude, un menuet, une promenade sentimentale et une pavane. La promenade devint le Clair de Lune et le Passepied remplaça la pavane. Vers 1904, Debussy pensait ajouter encore deux mouvements supplémentaires : Masques et l’Isle joyeuse, qui furent finalement publiés séparément. Les quatre morceaux furent révisés de 1890 à 1905, très peu de temps avant leur publication.
La pièce fut adaptée plusieurs fois à l'orchestre, notamment par André Caplet, Leopold Stokowski et Lucien Cailliet. Nous entendrons ce soir une transcription pour marimbas de Lorenzo Manquillet.
Prélude
La première pièce de la suite le Prélude en fa majeur, en tempo rubato, joyeux et animé, est tout en contrastes, avec un début et une fin particulièrement spectaculaires. C’est une pièce festive qui s'inspire grandement du modèle baroque qu'on retrouve souvent dans les préludes. Certaines tournures évoquent de manière subtile le Clair de lune de Gabriel Fauré (mesures 33 et 34).
Il est, comme l'a voulu le compositeur, de nature statique, diatonique, et modale. Le langage harmonique ici repose plutôt sur les degrés secondaires (II, III, VI, VII).
Menuet
Le deuxième mouvement est un menuet en la mineur. Son thème principal joueur contraste avec une section centrale mystérieuse et dramatique. Faisant allusion aux menuets des suites baroques, il n'en est pas moins frais en couleurs harmoniques et invention mélodique : « Les sonorités de ce morceau, comme celles du Passepied conclusif, évoquent gambes et luths à la manière d'un délicat pastiche des musiques d'autrefois ».
Pleine d'humour, cette pièce est assez sophistiquée du point de vue de la forme. Le thème principal apparaît à quatre reprises, dans le mode dorien, mais chaque fois sous une forme différente. Cette pièce est particulièrement originale au regard de la manière dont elle se distingue du style particulier de la plupart des menuets. À la place du caractère léger et délicat qu'on trouve dans un menuet, celui-ci présente plutôt les aspects d'une sorte de comédie brute. Debussy met en place un type nouveau de pièce en lieu et place de l'ancien style de danse.
Clair de Lune
Le troisième mouvement est le célèbre Clair de Lune, en ré bémol majeur, sur un tempo andante très expressif, joué essentiellement pianissimo. C'est peut-être la pièce la plus connue de la Suite bergamasque pour piano seul, composée en 1890. Il est probable que son nom s'inspire du poème Clair de lune de Paul Verlaine.
La plus grande partie du mouvement est jouée pianissimo, et les allers et retours entre une grande intensité émotionnelle et une grande distance en font un chef-d'œuvre de l'époque impressionniste. Elle est jouée en ré bémol majeur, à l'exception de son point de plus grande intensité, en do dièse mineur. Le Clair de Lune est composé d'une exposition du thème (lente) puis d'une réexposition dans une partie rapide, le thème revenant à la fin dans la partie lente.
C'est désormais une œuvre jouée par beaucoup de harpistes, notamment parce que la partition peut être jouée sans modification de notes.
Passepied
Passepied, le mouvement final, est en fa dièse mineur sur un tempo allegretto ma non troppo. Le passepied est une danse originaire de Bretagne. Le Passepied de Debussy s'en détache beaucoup. C'est une pièce joyeuse, au caractère étrangement médiéval qui diffère de façon surprenante de son modèle baroque dans la mesure où il est plus rapide. Pendant toute sa durée, la pièce est jouée avec des arpèges en staccato à la main gauche.
(D'après Wikipédia)