Félix MENDELSSOHN
Trio n°2 en do mineur op.66
(Trio Talweg, Mercredi 5 août
Puy-Saint-Vincent 1600, « Le Panoramic »18h)
Allegro energico e con fuoco (do mineur)
Andante espressivo (mi bémol majeur)
Scherzo : Molto allegro quasi presto (sol mineur)
Finale : Allegro appassionato (do mineur, finissant en do majeur)
Le Trio pour piano n°2 en do mineur, opus 66, a été écrit par Felix Mendelssohn en 1845 et publié en février 1846. L'œuvre est écrite pour un trio standard composé d'un violon, d'un violoncelle et d'un piano. Mendelssohn a dédié l'œuvre à son ami proche et violoniste, Louis Spohr, qui a joué l'œuvre avec le compositeur au moins une fois.
En 1845, Mendelssohn a commencé la composition du deuxième trio pour piano à Francfort. Connaissant son séjour à Francfort, de nombreux visiteurs cherchaient à rencontrer Mendelssohn, dont un étudiant anglais nommé W. S. Rockstro. Présenté à ce jeune étudiant, Mendelssohn l'invita, ainsi que le violoniste Ferdinand David, à lire des parties de son nouveau trio pour piano. Dédié à Louis Spohr et offert à Fanny Mendelssohn le jour de son anniversaire, le trio fut achevé le 30 avril 1846.
Le trio inspira Johannes Brahms, le thème d'ouverture du finale étant cité dans le scherzo de sa Sonate pour piano no 3, op. 5, et l'ouverture du premier mouvement de ce trio a servi de base à la ligne de piano du finale de son Quatuor avec piano no 3 en do mineur, opus 60.
I. Allegro energico e con fuoco
L'une des utilisations les plus remarquables de la forme sonate par Mendelssohn, le premier mouvement du trio avec piano commence par une texture orageuse construite sur des arpèges aux trois voix qui font appel à l'ouverture des Hébrides et à la Symphonie écossaise de Mendelssohn. Le thème principal du premier mouvement cite les Lieder Ohne Worte (Romances sans paroles), op. 102, no 1, de Mendelssohn. Le schéma harmonique global du mouvement passe de la tonique dans le thème principal à la médiane dans le thème secondaire et se termine à la dominante
II. Andante espressivo
Le deuxième mouvement présente une berceuse au piano, empruntant son mouvement rythmique aux Lieder Ohne Worte, opus 19, no 6 (" Chants de bateaux vénitiens ") de Mendelssohn. L'entrée en douceur du violon et du violoncelle sur la ligne berçante du piano transforme le mouvement en Duett ohne Worte.
III. Scherzo : Molto allegro quasi presto
Décrit par Mendelssohn comme "une bagatelle désagréable à jouer", le mouvement scherzo suit une conception rondo pleine de passages imitatifs passant par les trois instruments. Rappelant une bagatelle, les trois instruments entrent décalés d'une croche dans la ligne rapide, créant un effet d'empilement. Comme dans les premiers scherzi de Mendelssohn, la manière enjouée et sauvage du mouvement conserve son énergie élevée jusqu'à la toute fin. L'énergie du mouvement a été comparée à celle du scherzo du Songe d'une nuit d'été, tout en présentant des motifs qui rappellent le scherzo de l'Octuor. La musique s'adoucit brusquement, se terminant sur des accords pizzicato nets.
IV. Finale : Allegro appassionato
Considéré comme le mouvement le plus célèbre du trio, le quatrième mouvement du trio s'ouvre sur un saut inhabituel du violoncelle. Une caractéristique notable du finale de cette œuvre est son utilisation de la mélodie d'un choral. Après l'introduction du thème initial, l'œuvre cite Gelobet seist du, Jesu Christ (Loué sois-tu Jesu Christ), puis s'étend pour inclure également un air de psautier genevois du XVIe siècle, connu en anglais sous le nom de Old Hundredth en raison de son association avec le Psaume 100 (William Kethe), en tant que mélodie culminante.
(D'après la Société de Musique de Chambre de Marseille)